Petit historique des soins palliatifs au Québec

Petit historique des soins palliatifs au Québec
Les soins aux malades en phase terminale et la discipline des soins palliatifs se sont développés rapidement depuis la fondation du St. Christopher's Hospice de Londres en 1967, premier centre d'enseignement et de recherche centré sur les symptômes et les besoins des malades en phase terminale.


Au cours des trente dernières années, les soins palliatifs se sont développés comme partie intégrante d'un continuum de soins et de services ayant pour objectif le maintien optimal de la qualité de la vie et le soulagement de la souffrance physique, psychosociale et existentielle des malades en phase terminale.
Le développement rapide de la discipline des soins palliatifs et le respect dont elle bénéficie, tant au sein de la population en général qu'auprès des professionnels soignants, est le signe d'un réel changement sociétal qui pourrait être attribué à trois phénomènes particuliers:
  • une augmentation relative du nombre de décès à la suite de cancer au sein d'une population vieillissante ;
  • le peu d'importance relative accordée par la médecine traditionnelle aux besoins et aux symptômes des malades en phase terminale comme à ceux de leurs proches ;
  • àle développement de nouvelles approches thérapeutiques et de technologies efficaces à soulager les symptômes présentés par ces malades.

Au Québec, comme ailleurs dans le monde, de nombreuses équipes se sont attachées au développement de soins et de services destinés aux personnes atteintes de cancer, aux personnes vivant avec le VIH/SIDA et à d'autres malades atteints de maladies pulmonaires sévères, de cardiopathies rapidement progressives et d'atteintes neurologiques très débilitantes et fatales.
Ce faisant, ces mêmes équipes ont contribué à l'amélioration des connaissances cliniques en exécutant des recherches cliniques qui ont permis le développement de nouveaux agents pharmacologiques, perfectionnant une nouvelle utilisation des médicaments existants favorisant ainsi une plus grande autonomie et le maintien à domicile. Par exemple, les techniques d'infusion sous-cutanée ont influencé de façon très significative la qualité des interventions psychosociales auprès de ces malades et de leurs familles.
Le Québec est reconnu de par le monde pour la qualité de son leadership au sein de cette nouvelle discipline de soins. En témoignent, entre autres:

  • La fondation, en 1974, du premier service hospitalier universitaire de soins palliatifs en Amérique du Nord à l'hôpital Royal Victoria;
  • La fondation, en 1979, à l'hôpital Notre-Dame, de la première unité francophone de soins palliatifs au monde;
  • Le développement d'excellents programmes de formation universitaire, dont celui offert par le Centre d'études sur la mort de l'Université du Québec à Montréal et le certificat en soins palliatifs de l'Université Laval à Québec offert en collaboration avec la Maison Michel-Sarrazin;
  • L'importante contribution à la réflexion sur les questions éthiques se posant en fin de vie du Centre de bioéthique de l'Institut de recherche clinique de Montréal qui publie le Journal of Palliative Care et collabore à la Collection Amaryllis- Les annales de soins palliatifs;
  • La tenue à Montréal du Congrès international sur les soins aux malades en phase terminale qui se déroule à chaque deux ans depuis 1976.